Suite à notre reportage « Délinquants et ultra-riches, comment ils ont fait élire Macron », Xavier Niel nous a fait parvenir le droit de réponse suivant :
« Xavier NIEL n’a jamais créé ni incité à créer de pseudos à caractère pédophile sur le minitel rose. Au contraire, le travail des employés était notamment d’assurer la modération et de bannir les utilisateurs ayant de tels pseudos. Interroger d’autres sources permet de le vérifier. Même Claudia TAVARES le reconnaît dans un tweet du 14 mars 2025 : « je suis devenue :modératrice […] pour Xavier Niel ».
Xavier NIEL n’a jamais eu de rapport sexuel avec Claudia TAVARES. Il n’a pas pu lui demander de venir dans « son bureau » ou en « fermer la porte à clé » puisqu’ils travaillaient tous dans le même open space vitré. Interroger d’autres sources permet de le vérifier.
Xavier NIEL n’a jamais supprimé ou fait supprimer la moindre archive avant la perquisition relatée, et pour cause : les bureaux du 2 passage de Crimée où il travaillait à l’époque n’ont pas été perquisitionnés dans ce cadre. Ce sont ceux d’une autre société, situés au 11-13 rue de l’Escaut, qui l’ont été et ce, dans le cadre d’une procédure visant les principaux fournisseurs d’accès à internet de cette période. L’affaire a fait l’objet d’un non–lieu. Effectuer des recherches en source ouverte ou interroger d’autres sources permet de le vérifier.
Il convient de rappeler que Claudia TAVARES a déclaré avoir souvent menti, dans une interview pour « Crimes et Faits Divers, la Quotidienne » (NRJ 12) le 10 juin 2021 : « je vais mentir » ; « je vais aller faire une fausse déclaration » ; « je vais re-tricher à nouveau » ; « ça ne veut pas dire que je mens tout le temps ».
Il convient également de rappeler que Claudia TAVARES a ouvertement fait état de son animosité envers Xavier NIEL du fait de son licenciement, survenu en 1999, notamment dans un tweet du 16 janvier 2021 : « il va falloir qu’il me demande des excuses: je ne lâcherai pas!!! Qu’il explique à la F4ance entière comment il a le droit de faire des licenciement Économiques alors que sa SOCIETE est côte en bourse!!! foutaises, oui!!! Xavier, juste des excuses!!! ».
Il convient en outre de rappeler que Claudio TAVARES (dite Claudia), né le 16 décembre 1954, a été reconnu coupable du meurtre d’un prostitué concurrent et incarcéré pendant 7 ans.
Aucune trace d’une dénommée « Izza » n’a été retrouvée dans les documents relatifs à la société de minitel rose dont il est ici question. Aucun ancien salarié de cette société ne dit se souvenir de cette personne. En revanche, une certaine « Izza » apparaît en qualité de témoin sur le certificat de mariage de Claudia TAVARES.
Enfin, il est affirmé que « contacté, [Xavier NIEL] n’a pas souhaité s’exprimer. » Pourtant, son avocate a apporté des réponses détaillées et corroborées par des éléments objectifs à vos questions, avant la diffusion de votre reportage et sans que ces dernières n’y soient à ce jour intégrées. »
La réponse de Off Investigation : Claudia Tavarès est en effet devenue modératrice après avoir été employée comme animatrice par Xavier Niel. Elle n’évoque pas les pseudos adoptés par les utilisateurs, mais certains sous lesquels travaillaient des employés de Xavier Niel.
Les photos des locaux publiées par Off investigation montrent une petite pièce séparée d’une autre par une cloison vitrée équipée de stores vénitiens et d’une porte. Deux témoins interrogées par Off investigation indiquent que derrière cette cloison vitrée, se trouvait un bureau qu’occupait Xavier Niel.
Xavier Niel ne conteste pas que des contenus à caractère pédophile étaient hébergés dans les serveurs de sa société Worldnet, ni que la gendarmerie a perquisitionné ses locaux en 1996, et saisi ses disques durs. Claudia Tavarès était à l’époque employée par Xavier Niel dans des locaux situés à proximité immédiate de la société Wordnet. Elle maintient avoir reçu pour consigne de « ne pas parler aux gendarmes » et de « détruire des archives » quelques heures avant la perquisition de 1996.
Claudia Tavarès a surtout confié à Off Investigation que lors de la publication de son livre « La volonté d’exister », en 2021, plusieurs animateurs de télévision lui aurait explicitement demandé de ne pas évoquer Xavier Niel à l’antenne et qu’une journaliste de L’Obs lui a indiqué ne pas pouvoir publier un article sur son livre en raison du fait que Xavier Niel était propriétaire de l’hebdomadaire.
« Izza » confirme avoir travaillé pour les minitel rose de Xavier Niel aux côtés de Claudia Tavarès dans les années 1990. Elle a précisé à Off investigation avoir été employée par Xavier Niel au 2 passage Crimée de façon non déclarée et payée en liquide. Dans une première réponse du 6 mars, Xavier Niel nous confirmait d’ailleurs son nom de famille, que nous n’avions pas rendu public.
Sollicité par mail en octobre 2024 par Off investigation pour évoquer sa conception de l’information, Xavier Niel a décliné dans les termes suivants : « je ne me vois pas faire cela, je me suis beaucoup exprimé sur le sujet ». Informé le 17 février 2025 qu’un de nos épisodes allait évoquer les contenus pédophiles repérés dans ses serveurs en 1996, sa mise en détention pour « proxénétisme aggravé » en 2004 et sa relation avec Claudia Tavarès et que sa réponse devait nous parvenir avant le 20 février pour pouvoir être intégrées au documentaire, il n’a pas répondu dans ce délai. Le 6 mars 2025, des réponses nous sont parvenues juste avant la diffusion (trop tard pour être intégrées au documentaire). Nous les avons évoquées dans le cadre de l’article accompagnant l’épisode sur Off-investigation.fr